2009
UNE CALAMITE POUR LE TRANSPORT ROUTIER
Les symptômes de la maladie chronique se sont révélés dès les début de l'année 2008.
Alors que les entreprises de transport routier commençaient à manger leur pain noir, les groupes mondialisés de la logistique faisaient assaut
de communiqués pour annoncer des fusions, des acquisitions, l'ouverture de nouveaux marchés et des profits insolents.
Ces groupes, qui mangent la laine sur le dos des transporteurs depuis des années, ont amassé des trésors de guerre.
Compétiteurs par devant, ils s'entendent par derrière comme larrons en foire pour préserver leurs prés carrés.
C'est ainsi que GEODIS rentre finalement dans le giron de la SNCF pour créer une unité transport et logistique incluant le gouffre de fret SNCF,
le tout avec la bénédiction des syndicats de cheminots qui y voient la nationalisation rampante du transport.
Exit la réforme du statut des cheminots.
Le système est encore plus « pourri » dans le transport routier de voyageurs où la SNCF et
la Caisse des Dépôts, accompagnées par Veolia contrôlent la totalité du marché et ne laissent que quelques miettes aux entreprises privées, surtout des petites PME et des TPE.
Comment se fait il, alors que les TER sont de la responsabilité des régions, que ce soit la SNCF qui s'arroge le droit de traiter les appels
d'offres des lignes de transport routier, étant ainsi Juge et Partie au seul bénéfice de Keolis.
Alors qu'il y a 10 ans, on refusait la construction d'un canal à grand gabarit pour faire la jonction entre la Mer du Nord et la Méditerranée au
nom du sacro saint environnement, la mise en chantier du canal Seine-Nord est entreprise au même titre : remplacer les milliers de camions de l'A1 par des barges moins polluantes bien
entendu.
Mais s'est on posé la question de savoir pourquoi autant de camions descendent d'Anvers ou de Rotterdam ? Ne serait ce pas parce que le port du
Havre ne peut pas rivaliser avec ses voisins du Nord du fait d'un système social archaïque (et ce n'est pas la réforme acceptée ces dernières semaines par les syndicats qui modifiera la
donne)
On va donc construire à grands frais quelques dizaines de kilomètres de canal (4,5 MD€) pour faire plaisir à la CGT, à France Nature
Environnement et à VNF. Ces travaux auront le seul mérite de contribuer provisoirement à la relance économique.
A ce sujet, il ne faut pas se leurrer. L'Etat qui construit des logements, des routes, des canaux ou des voies ferrées, financent ces
investissements sur les impôts actuels et sur la dette que les générations futures devront rembourser un jour ou l'autre.
La concentration du transport et de la logistique routière dans les mains de quelques groupes : nationalisés (Geodis), vivant des subsides
publics (Novatrans) ou ayant une stratégie européenne ou mondiale signe la fin des PME et TPE du transport.
A bientôt la TRO et les bureaux de fret pour mieux tenir en laisse celles qui resteront !
La lutte absurde des organisations professionnelles n'a pour but que d'empêcher les professionnels de se regrouper pour défendre leurs
intérêts..
C'est ainsi que la FNTR chevauche son destrier « combiné » et sa filiale à subventions pour mieux combattre l'autre filiale à
subventions « Lorry Rail » entraînée par sa conseur de TLF.
Et le gouvernement dans tout cela me direz vous ?
On le disait tenace dans ses audaces et audacieux dans ses réformes !
Des audaces, il en a eu et c'est bien ainsi !
Nous sommes au milieu du gué......il faut maintenant aller de l'autre côté.
Sur la réforme des retraites et des régimes spéciaux, pourquoi ne va t il pas au bout de la logique y compris pour le régime spécial des élus et
parlementaires dont la retraite moyenne doit avoisiner les 10 000 € par mois.
Sur le Grenelle de l'environnement, pourquoi ne va t il pas au bout de la logique y compris en interdisant les locomotives diesel de fret SNCF
et la pollution sonore des trains de fret la nuit.
Pourquoi ne pas évoquer en même temps que le cabotage maritime les dangers de la navigation dans le golfe de Gascogne.
15 ans après la Loi Giraud sur la réforme du financement de la formation professionnelle, pourquoi ne va t il pas au bout de la logique en
supprimant des organismes aussi archaïques que l'AFPA qui vit des deniers publics sans aucun contrôle (surtout depuis que l'association est sous tutelle des régions).
Pourquoi vouloir octroyer à des organismes de formation dont la gestion est fortement mise en cause, la mission de collecter les fonds de
entreprises de transport.
C'est comme si on donnait les clefs de la Banque de France à Spaggiari !
Sur la santé au travail, pourquoi ne va t il au bout de la logique en supprimant la Médecine du travail qui entretient à ne rien faire une
kyrielle de médecins fonctionnaires plus aptes à rendre des biens portants inaptes qu'à soigner les vrais malades.
Sur la représentation syndicale et le fameux « dialogue social » pourquoi ne va t il pas au bout de la logique en interdisant les
emplois fictifs des permanents syndicaux (salariés et patronaux) dans les organismes sociaux.
S'agissant du transport routier, pourquoi tarde t il encore à confier la représentation des PME et des TPE à la seule fédération ayant
exclusivement cette mission : UNOTRE-OTRE.
Pourquoi continuer à recevoir dans les salons dorés la « Ségolène du transport » qui, comme l'originale, ne représente qu'elle même
!
Elle ont comme points communs une ambition démesurée, une incompétence notoire et une certaine expertise dans la manipulation.
Mais attention : on trouve toujours plus manipulateur que soi.
Sur la réforme de la protection sociale, nous nous gargarisons d'un système social « que le monde entier nous envie »
N'est il pas temps de dire une bonne fois pour toutes la vérité ?
A l'impôt, la solidarité. Aucun libéral ne considère qu'il faille laisser un être humain sans soins quand bien même il n'aurait pas de papiers
ou n'aurait pas cotisé. Mais il incombe à l'Etat, donc à l'impôt d'assurer la solidarité. La recherche médicale et le traitement des graves maladies chroniques doivent être aussi du ressort de
l'Etat.
A la cotisation, l'assurance. Il appartient à chaque individu d'anticiper ses besoins de santé au quotidien, de choisir le niveau de protection
sociale auquel il prétend, tout en obligeant à un niveau de protection minimal (comme cela se fait dans l'assurance auto par exemple).
Pour finir, n'est il pas temps que l'Etat réglemente l'activité des commissionnaires du transport. Initialement prévu pour éviter les kilomètres
à vide et assurer les retours, le métier de commissionnaire n'apporte plus de valeur ajoutée à la chaîne logistique, si ce n'est au seul profit des affréteurs (bien entendu, n'en faisons pas une
généralité).
Tout cela démontre que le travail ne manque pas dans les organisations professionnelles particulièrement dans le transport, à condition d'en
avoir la volonté politique et de ne pas craindre le politiquement incorrect.
C'est ce que les transporteurs peuvent se souhaiter de mieux pour cette année calamiteuse. Elle le sera d'autant moins que nous saurons
regrouper nos forces pour imposer nos solutions.
Bonne Année 2009 à toutes et à tous