Dimanche 26 septembre 2010
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La protection sociale est un enjeu majeur pour l'équilibre de notre économie et la qualité de vie de la population.
Seulement aujourd'hui, nous héritons d'un système imaginé dans les années 50 quand l'europe n'existait pas encore, quand les avions de ligne
avaient encore des hélices, quand la Chine créait le monde communiste idéal, quand l'Union Soviétique apprenait à ses concitoyens le rêve marxiste dans les goulags de Sibérie.
C'est à cette époque "bénie" qu'on a inventé le dialogue social en France....
Ce dialogue consistait à prendre toujours plus à des patrons obèses à gros cigares pour donner à des ouvriers tués à la tâche qui ne pouvaient
même pas profiter des congés payés obtenus de "haute lutte" en 1936 par des révolutionnaires en redingote de bourgeois.
En 2010, un clic de souris suffit pour vendre des milliards d'actions ou d'obligations d'un bout à l'autre de la terre.
La Chine est en passe de devenir la première puissance économique et financière du monde.
Les grandes écoles ne forment plus que des élites dont le seul projet consiste à porter une Rolex avant 50 ans.
La France archaïque, de gauche mais aussi de droite, voudrait conserver un modèle de société plus bolchévique qu'à l'époque de Staline. Les
épurations physiques sont remplacées par l'épuration intellectuelle. Tout individu suspecté de libéralisme (dans libéralisme il y a le mot liberté) est mauvais par nature.
Tout individu prônant la responsabilité individuelle comme contre partie obligée à la liberté est un réactionnaire de la pire espèce.
Enfin, tout individu mettant en cause l'utilité des services publics doit être banni de notre société égalitaire où une petite caste
d'énarques règne en monarques absolus.
J'avais oublié de parler du transport, veuillez m'excuser ! Quelle relation entre ce charabia et les transporteurs ?
Eh bien, elle est là :
Le 22 et le 23 septembre se sont tenues les 1ères Assises de la protection sociale dans le transport et la logistique à la Maison de la Chimie
à Paris.
La densité de Légions d'Honneur et de Médailles du Mérite était particulièrement importante parmi les intervenants et les invités dont le
discours consensuel consistait à vanter les avancées sociales de la profession depuis les années 50.
Etaient ils si nostalgiques du passé ou frileux d'un avenir incertain pour reproduire les schémas d'hier afin de garantir la santé de demain
?
A défaut d'avoir changé le monde, nous avons changé de monde !
1er constat :
Notre système de protection sociale est en faillite. La dette atteint des sommets insoupçonnés par les inventeurs de la Sécu. Les
bénéficiaires (nous tous sans exception), considérant qu'ils cotisent, peuvent donc y dépenser sans compter depuis la boite d'eferalgan jusqu'à des hospitalisations sans raison.
Les médecins, qui n'ont de libéraux que le titre, font du commerce d'ordonnances pour conserver des clients plus soucieux de la longueur
de la dite ordonnance que de guérir une maladie qui les renverraient au boulot.
Plutôt que de réformer le système : séparer ce qui est de la solidarité (et donc de l'impôt) de ce qui est de l'assurance (donc d'une
cotisation volontaire individuelle), on poursuit la fuite en avant et puisque l'Etat et la collectivité ne peuvent plus payer, on va demander aux employeurs en majorité et aux salariés pour une
faible part de mettre la main à la poche puisque par postulat "le patron a les moyens de payer".
C'est ainsi que dans le transport, on négocie actuellement la mise en place d'une
mutuelle conventionnelle obligatoire dont les cotisations à la charge des entreprises ne viendront pas en compensation d'une diminution de charges sociales qui pénalisent la compétitivité
des entreprises.
La construction européenne et les contraintes de la mondialisation imposent que nous sachions les uns et les autres inventer un nouvel
équilibre social solidaire mais également responsable. Ceux qui pratiquent la surenchère en permanence jouent contre leur camp.
2ème constat : la réforme des retraites.
L'archaïsme des uns et la démagogie des autres nous font perdre des points de croissance par rapport à nos voisins européens. Compétitivité et
croissance sont pourtant les noeuds financiers d'une véritable protection sociale. Le pouvoir d'achat et la qualité de vie des anglais ou des allemands n'ont rien à nous envier bien au
contraire. Il suffit de voir les touristes britanniques ou teutons sur les plages françaises ou espagnoles pour s'en faire une idée.
Vouloir cotiser moins longtemps pour percevoir une retraite plus longtemps : en plus du beurre, c'est la crème et le sourire de la crémière
!
Dans le transport routier, nous avions "inventé" le congé de fin d'activité (CFA). Bien que certains le contestent, il s'agit d'un
système de pré retraite dont une part (la moitié) est payée par l'Etat donc par nos impôts.
Comment peut on tolérer le maintien d'un dispositif mettant de fait à la retraite au delà de 55 ans alors qu'une Loi votée oblige les
entreprises à maintenir et améliorer l'emploi des seniors. La schizophrènie a des limites !
L'angélisme social et les manifestations ne résoudront pas notre incapacité à moderniser le dialogue social (au demeurant
indispensable).
Par des actes et des propositions innovantes, l'OTRE veut faire bouger les lignes. C'est en cela qu'elle dérange et c'est très bien ainsi
!